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La motte féodale

Damville a joué un rôle important dans l’histoire du duché de Normandie, puisqu’elle était une des trois forteresses placées sur la longue ligne de places fortes à la frontière du duché de Normandie et du domaine royal.

Elle fût érigée sur une motte en 1035 par Gislebert 1er dit Crespin à qui le duc Robert le Diable avait confié tous les environs. c’était alors une simple tour entourée de fossés où coulait l’Iton.

Brûlée en 1188, reconstruite puis démantelée par les Anglais au début du XVe siècle, la forteresse de Damville était protégée par un mur d’enceinte, et trois portes dotées de ponts-levis.

A la suite de l’invasion anglaise puis des guerres médiévales, l’emplacement du château resta longtemps une ruine, et ne fut rebâti qu’à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle, sur la motte féodale. Ce n’était qu’une modeste construction de bois et de blocage de silex, ayant plutôt l’apparence d’une demeure ou d’une ferme, et dont l’attribution était probablement de fournir un lieu de travail aux fonctionnaires des seigneurs du temps, mais peut-être aussi une résidence à la famille Montmorency.

Appelé par mes habitants de Damville le Vieux-Château, propriété privée depuis des lustres, le bâtiment fut acquis par la municipalité, et on évoqua le projet, vite abandonné, d’y abriter un musée de la Ville.
Le Vieux-Château fut détruit dans les années 1980 et depuis, le site qui a été dégagé, permet de voir, autour de la motte féodale ceinturée d’une part d’un mur à contreforts, les fossés où circule l’eau détournée de l’Iton, et l’emplacement du pont-levis qui en protégeait l’accès.

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La Halle de Damville

Damville, à la croisée des routes et au cœur d’une nébuleuse de communes, fut pendant longtemps une cité dont les marchés et les foires étaient réputés.
Céréales et produits laitiers s’y vendaient, tout comme la viande.

Quatre places étaient jadis consacrées au commerce : celle du Vieux-Marché accueillait la halle aux bouchers ; la place du Neuf-Marché (actuelle place de la Halle) où une grande Halle aux grains fût bâtie en 1550 grâce aux troncs d’arbres prélevés dans la proche forêt de Breteuil (les agriculteurs venaient y vendre leur blé tous les mardis), la place de l’Eglise et la place du Petit-Marché.
Enfin, un marché aux porcs se tenait en dehors des remparts, au Trou-au-chat.

Notre "halle" actuelle fut construite en 1859.
Elle est de forme octogonale de 22 mètres de diamètre avec double rangée de poteaux en bois curieusement pentagonaux. Ils reposent sur des dés de pierre encastrés dans le sol et garnis de faux chapiteaux de bois. ils sont solidarisés à la charpente et entre eux par des ferrures forgées.
Son toit fut réalisé en zinc et comporte un élégant clocheton, lui-même octogonal. La charpente possède au centre une sorte de "clef pendante".
Les murs du soubassement sont encore munis d’anneaux d’attache pour les veaux.
Le sol briqueté présente une disposition rayonnante de huit secteurs, nécessitant d’intéressantes briques de forme. Le centre est marqué par une curieuse pierre. peut-être y eût-il un poteau central ?
Sur le côté nord existe un perron de pierre de huit marches et limité à chaque extrémité par des rampes basses gracieusement courbes.

De chaque côté avait été aménagé un "dispositif hydraulique" intéressant. D’un côté, une grosse pompe en fonte, à lourd balancier, forgé (malheureusement seul le corps existe encore). Elle permettait de puiser l’eau d’une citerne qui recevait les eaux du toit. De l’autre une "vespasienne" plus communément dite "ardoise" assurait un écoulement.

Notre halle demeure un bâtiment patrimonial intéressant. Il figure sur la médaille de la ville. Il permet toujours d’abriter quelques activités populaires ou commerciales.

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