Nos conseils de lecture - Mai

Pour oublier que nous sommes confinés, pas la télé ni la radio ! Surtout pas ! Ils ne parlent plus que de ça !

Il fait beau, les oiseaux chantent le matin.

Expédiez vos corvées et installez-vous dans un fauteuil, un canapé, une chaise-longue, un hamac avec un L.I.V.R.E.

Vous y êtes ? Comme un bon vin, faites-le tourner dans vos mains, observez la couverture, parcourez le résumé, feuilletez les pages ... non, ne vous arrêtez pas au nombre de pages, peu importe, quand on aime, on ne compte pas.

Et démarrez votre lecture ...
Un roman, un polar, une BD, un documentaire, un album, des idées créatives, peu importe.
Vous n’accrochez pas après quelques pages ? Prenez-en un autre.
Mais si vous n’ouvrez pas un livre, vous ne saurez pas s’il est bon ou pas, s’il vous correspond, s’il vous procure le frisson, l’envie d’aller plus loin, de recommencer, d’en parler avec quelqu’un….

Sans trop en dévoiler, quelques lectures à partager.

Anne-Marie, votre bibliothécaire.

Un été près du lac

de Heather Young, paru en 2017

Avant de mourir Lucy décide d’écrire l’histoire de sa famille dans un carnet dont Justine, sa petite-nièce, la petite-fille de Lilith, sera l’héritière, si elle vient à la maison du lac. Les chapitres alternent entre deux époques séparées d’environ 60 ans, le dernier été de Lucy passé avec sa famille au complet et la vie de Justine.
Bien entendu, le carnet contient la réponse à l’énigme. Lucy l’avoue dès le début, elle est « la seule à savoir ce qui s’est passé cet été là », la seule à détenir le pouvoir de partager ou non ces événements. Si Justine ne vient pas, « cet été pourra alors sombrer dans l’oubli et Emily avec lui. Comme tous les autres fantômes des choses oubliées. »
A la mort de sa grand-tante Lucy, Justine, trentenaire, maman de Mélanie et Angela hérite de son vieux chalet, dans lequel elle a vécu la plus grande partie de sa vie, avec sa sœur Lilith et sa mère.
Et contre toute attente, Justine saisit cette occasion de prendre un nouveau départ. Sans prévenir, elle quitte son travail et son compagnon Patrick, sa petite vie bien réglée, en emmenant ses deux filles et quelques affaires. L’arrivée se révèle plus compliquée, la maison est petite, manque de confort et à l’extérieur il fait moins vingt degrés. Sans compter sur l’humeur massacrante de l’aînée de ses filles. Alors que Justine prend possession des lieux, elle est rapidement happée par l’ambiance étrange, entourée de photos, de vêtements d’un temps passé.
Justine saura-t-elle faire mieux et reprendre en main son destin ou sera-t-elle écrasée, elle aussi, par ce drame qui hante sa famille, en même temps que le fantôme d’Emily qui se serait perdue en forêt, le dernier jour des vacances ?
Se trompe-t-elle ? Est-elle devenue instable comme sa mère Maurie ?
Peu à peu, au fil des pages et des chapitres, la clé du mystère nous est dévoilée. Elle offre une tragique et poignante réflexion sur les vies rêvées, les vies volées et les vies jamais vécues.

La cabane du berger

de Bernard Duporge, paru en 2013

Antonia est une belle jeune femme qui parcourt la région des Landes à cheval pour convaincre les paysans d’accepter la construction d’un canal qui assainira les marécages. Assainir ces endroits qui apportent moustiques et fièvres mortelles.
Mais au 19° siècle, la place des femmes est à la maison à s’occuper des enfants et de la basse-cour.
Jentout, lui, est un jeune berger échassier, fier et attaché à ses traditions.
Fidèles à l’héritage familial et aux convictions qui leur ont été inculquées, tout les oppose... mais ils sont irrémédiablement attirés l’un par l’autre, jusqu’à s’aimer en cachette bien sûr.
Les parents, les villageois, le simplet du village surnommé Pastrou, le maire, le notable, son fils arriviste, la promise sont des personnages secondaires attachants. Mais pour pimenter le tout et faire une bonne histoire, se rajouteront les traditions, les croyances, la plantation de pins dans cette région imposée par l’Etat, mal vécue par les bergers, le gemmage, le tout situé à une époque où le service militaire durait 7 ans et où l’on pouvait y échapper au tirage au sort.

La dame de Reykjavik

de Ragnar Jonasson, paru en 2018

Après les enquêtes du jeune inspecteur Ari Thor à Siglufjördur en Islande dans Snjor, Mörk, Natt et Sott, voici dans la dame de Reykjavik l’histoire d’Hulda Hermannsdottir.
Hulda est une brillante inspectrice de la police de Reykjavik et a tout donné à sa carrière. Mais en faisant toujours cavalier seul. Elle a beau être une des meilleures enquêtrices du poste de police de Reykjavik, à soixante-quatre ans, sa direction la pousse sans ménagement vers la sortie.
La perspective de la retraite l’affole. Tout ce temps et cette solitude qui s’offrent à elle, c’est la porte ouverte aux vieux démons et aux secrets tragiques qu’elle refoule depuis toujours. Son ami Pétur, par sa gentillesse et sa patience saura-t-il l’amadouer ? Fera-t-il partie de son futur ?
Dans la tête d’Hulda le cheminement intellectuel qui affecte et accapare sans cesse ses pensées, fait naître quelques interrogations. Cette période douloureuse fera ressurgir son histoire compliquée.
Alors, comme une dernière faveur, elle demande à son patron de rouvrir une affaire non résolue. Elle n’a que quinze jours devant elle. Mais l’enquête sur la mort d’Elena, une jeune russe demandeuse d’asile, bâclée par un de ses collègues, va s’avérer bien plus complexe et risquée que prévu. Hulda a-t-elle vraiment pesé tous les risques ? A-t-elle baissé la garde ?

Tout n’est pas perdu

de Wendy Walker, paru en 2016

Fairview est une petite ville provinciale du Connecticut. Après l’agression d’une rare violence dont elle a été victime, Jenny Kramer, adolescente, reçoit un traitement expérimental destiné à effacer de sa mémoire le traumatisme subi et empêcher l’apparition d’un stress post-traumatique. Ce traitement est aussi administré aux vétérans de la guerre d’Irak. Mais Jenny ne comprend pas, sombre dans la dépression et attente à ses jours. Elle est alors confiée au Docteur Alan Forrester, psychiatre qui va tenter de l’aider.
Faire raconter tout le déroulement par la narration du docteur est brillant. Il reçoit séparément, en consultation Jenny bien sûr mais aussi son père Paul, assoiffé de justice, Charlotte, sa mère, qui ne sait comment s’y prendre. Ils se confieront honnêtement. Leur couple surmontera-t-il cette épreuve ?
L’atmosphère devient étouffante.
L’enquête piétine. Alan n’a-t-il pas lui aussi beaucoup à perdre dans cette histoire ? puis arrive dans son cabinet, Sean, le soldat meurtri, mari et père par devoir. Il veut comprendre lui aussi.
Comme le psychiatre, l’auteur tire les fils qui relient les uns avec les autres dans un subtil thriller psychologique. Comment fonctionne notre mémoire, le mécanisme des souvenirs ?
Quelles sont les approches pour guider les personnes traumatisées ?

Mourir sur Seine

bande dessinée, adaptée du roman de Michel Bussi, parue en 2018-2019

L’Armada, vous connaissez ? Tous les 4 ans, des bateaux du monde entier s’alignent sur les bords de Seine près de Rouen.
Près de Quillebeuf, surgit soudain, le Cuauhtémoc, un des premiers bateaux de l’Armada 2008 : il avance tranquillement une foule compacte et bruyante est massée le long du fleuve lorsqu’un marin se lance dans un magnifique plongeon. Il est mexicain et s’appelle Aquilero.
Mais pourquoi ? Un pari ? Un code ? Il est retrouvé mort le lendemain sur un des quais. Sur son dos, le médecin remarque un large tatouage étrange : un aigle, un crocodile, un tigre et un requin. Et … une brûlure… une étrange brûlure…
Une journaliste intrépide, Maline Abbruzze, se lance sur l’affaire ...
Fan des romans de Michel Bussi, auteur normand, (pour certains adaptés en téléfilms ou mini-série)
J’ai beaucoup aimé cette BD en 2 tomes, très fidèle au roman du même nom. Des reproductions de tableaux, des cartes, des photos ont été ajoutées, qui apportent des éclairages historiques.

Commune Nouvelle de Mesnils-sur-Iton